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Pourquoi étirer le piriforme ?

Pourquoi étirer le piriforme ?

Le piriforme anciennement appelé chez nous pyramidal est un muscle profond en forme de poire (piriforme) qui part de la face antérieure du sacrum et qui va jusqu’au grand trochanter(haut du fémur). 

Sous le muscle grand fessier, au-dessus de la terminaison du muscle obturateur interne et des muscles jumeaux.

C’est un rotateur externe profondde la hanche qui fait partie du groupe des « pelvi-trochantériens » : tous rotateurs externes du fémur, situés sur le bassin (pelvis) et sur le fémur (grand trochanter) et également extenseur de la hanche. 

Le piriforme est aussi connu pour être le siège de douleurs pouvant irradier dans la fesse et la jambe, appelées « fausses sciatiques » ou « sciatique du sportif » (c’est-à-dire n’ayant pas d’origine vertébrale) ou encore « syndrome du piriforme ». 

En effet le nerf sciatique passe dessous ou parfois à travers les fibres de ce muscle. La tension excessive de ce muscle peut donc comprimer le nerf sciatique et générer des douleurs. 

Selon certaines études récentes, ce muscle est parfois sur sollicité de façon asymétrique à cause d’une faiblesse d’autres muscles de hanche/jambe notamment des abducteurs (petit et moyen fessier), une hyperlordose, une asymétrie musculaire.

Les femmes souffriraient davantage que les hommes et plus souvent du côté gauche. La position assise prolongée, la course de fond, le cyclisme sont les causes les plus fréquentes de ces douleurs. 

Ce muscle est en effet bien sollicité dans la marche en contraction et étirement (rotation interne et externe de l’iliaque en alternance de chaque côté) et d’autant plus dans la course à pied.

En dehors des massages et mobilisations pour détendre ce muscle lorsqu’il est en tension (douleur fessière) il peut être intéressant de l’étirer. L’étirement allongé (en décharge pour la colonne vertébrale) est celui où nous amenons l’extérieur de la cheville (au-dessus de la malléole externe) sur le genou opposé.

Mais pourquoi peut-on l’étirer en rotation externe alors que c’est son action principale ?

Son action est inversée au-delà d’une flexion de hanche de 90°, c’est-à-dire qu’il devient rotateur médial (interne). On peut donc l’étirer avec une rotation externe du fémur et une grande flexion de hanche. 

Pilates Cadillac : étirement du piriforme avec poids dosé de la « push through bar ».


Sources :

Vidéo en anglais qui montre bien la localisation et les rapports avec le nerf sciatique. https://youtu.be/1eG8Jhi3njE

Etudes sur le sujet :

Témoignage d’une coureuse :

http://www.team-outdoor.fr/blog/quand-le-pyramidal-sen-mele-ou-comment-se-defaire-dune-fausse-sciatique-par-agnes-duhail/

Formation Pré et Post natal

⇒25, 26 et 27 avril prochains à L’Atelier Pilates/Yoga/Danse

Pratiquer en attendant bébé est gratifiant, source de bien-être et prépare activement à la naissance

Pratiquer après la naissance permet d’accepter, de prendre le temps de se retrouver via le corps et les sensations

Un travail spécifique est possible complètement adapté à ces moments très intenses et très différents de la vie d’une femme : l’avant et l’après bébé.

Mais que faire exactement ? c’est ce que nous apprenons dans ce stage de formation destiné aux enseignants de Pilates ayant déjà suivi à minima les modules fondamentaux et débutants.

Cette formation allie Pilates et Yoga. Il n’est pas nécessaire d’être enseignant de yoga pour participer, vous serez guidé sur quelques postures clés adaptées à la femme enceinte et sur plusieurs pratiques de relaxation et de respiration.

Contenus:

 
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Modifications physiologiques de la grossesse, inconforts fréquents, anatomie bassin, périnée /plancher pelvien, pratique Pilates en pré natal.

Pratique en pré natal : postures de yoga, enchaînements, techniques de relaxation, de respiration, travail avec le ballon.

Pratique en post natal, psycho-physiologie,  postures spécifiques et travail en Pilates (élimination des toxines, renforcement progressif).

Construire une séance en pré natal et en post natal.

Coût : 580 €⇒Possibilité  de prise en charge                                    

Demander un devis
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Stage de Yoga

Le prochain stage de Yoga avec Isabelle aura lieu à L’Atelier le samedi 23 février de 10h30 à 12h30, le thème est celui des mudras !
« Yoga et mudras »
Ces gestes des doigts permettent de ressentir l’énergie jusqu’au bout des doigts, renforcent la dextérité, l’agilité, la sensibilité.
Pratiquer le yoga en y associant les mudras permet de mieux ressentir l’énergie, la concentration et le calme intérieur.
  • renseignements/inscriptions pilateslatelier@gmail.com
  • tarif: 42€

Formation Pilates Cadillac

Le Cadillac, appareil emblématique de la méthode Pilates, à la fois impressionnant et terriblement amical !
Venez découvrir, pratiquer, pour enseigner, guider en toute sérénité.
  • Formation tous les jeudis de 10h à 12h du 7/02 au 18/04 2019
  • 20h pédagogie des exercices avec formateur, anatomie/pathologies/ adaptations
  • +10h pratique au studio avec supervision, 10h observations, 20h pratique (10h élève, 10h enseignant)
  • Coût 990€ (prise en charge possible demander un devis,)
  • Paiement possible en plusieurs fois
  • Accessible après formation au sol

APPOC Association des Professeurs de Pilates d’Occitanie

APPOC/ Association des Professeurs de Pilates d'Occitanie

L’Association des Professeurs de Pilates d’Occitanie ( APPOC) a été créée le 17 décembre dernier.

Le bureau est constitué de Nathalie Pompele/ L’Atelier Pilates (présidente), Marie-Pierre Gabis / Instants Pilates (secrétaire) et Muriel Jouan / Essence Pilates (trésorière).
Cette association rassemble des enseignants respectueux d’une pratique du Pilates moderne et éclairée ayant pour objectif premier le maintien et le développement de la mobilité et de la fonctionnalité dans la pratique physique.
Rejoignez-nous !
En tant qu’enseignant ou en tant qu’élève pratiquant, bénéficiez d’une communauté d’échanges autour de la pratique.

 

Post-partum

Quelle est cette période étrange de transition entre deux corps ?
Après le point culminant de la naissance, ce moment tant attendu surtout sur la fin de grossesse, se déroule un temps particulier dont on parle peu et qui est supposé n’être que bain de bonheur…
Pour ma part et mon troisième enfant j’ai commencé à ressentir une certaine nostalgie de la fusion, une certaine appréhension de l’après, dès le 6-7ème mois de grossesse.
Je pressentais qu’une fois l’euphorie de la rencontre passée, la vie serait à nouveau à reconstruire, une famille à 5, l’organisation, le temps, le rythme bousculés avec bébé.
J’ai pris des oméga 3 que j’ai continué à prendre environ un mois et demi après l’accouchement. Les oméga 3 sont des « bons gras » qui permettent de lutter contre la déprime de l’après naissance et qui de plus aident au bon développement du cerveau du bébé. Je ne peux pas dire si cela m’a aidée ou pas … je crois qu’il y a des choses à vivre et il faut chercher à se faire aider oui…
La naissance est un point culminant , c’est donc qu’il faut redescendre … chute des hormones qui ont aidé le corps à fabriquer un bébé pendant 9 mois, catabolisme après l’anabolisme de la grossesse.
Il faut se séparer, vider, drainer, perdre et ça ne se fait pas en un claquement de doigts ! (malgré la rapidité, relative, du processus de « mise au monde »). Ce processus de « retour » prend du temps, 3 à 6 mois pour le corps physique, ce processus est complètement corrélé au lien qui se forge avec son bébé. je dirais maintenant que plus le lien s’établit, s’ancre au fil des mois, plus le retour se fait en douceur. Le retour vers un corps « augmenté », vers une vie augmentée.
Comment accompagner ce processus de retour « à la normale » ?
Je mets « retour à la normale » entre guillemets car on ne revient jamais comme avant… bébé est là et c’est à la fois bouleversant et porteur. C’est ce lien, démarré pendant la grossesse, qu’il faut actualiser dans le réel et qui va nous aider. Le bébé porte autant sa mère qu’elle le porte ! 
On est modifié, on a donné la vie ! Cependant, les suites immédiates sont souvent imprégnées de noires pensées, de tristesse impossible à dire, de peur de ne pas être à la hauteur. La jeune maman (même de 45 ans et son 3ème bébé) est fragile autant que son petit. Je me suis dit que c’était peut-être nécessaire de ressentir cette vulnérabilité immense de façon à bien rester auprès de son nourrisson et de répondre au mieux à ses besoins…

Lors de cette grossesse, j’ai traversé de vrais sentiments de joie comme jamais, la joie de ce cadeau de la vie à 45 ans passés, cette surprise qu’on accepte et qui nous comble, la sensation de porter une énergie de vie incroyable, l’extase (ou l’enstase) de méditer , de pratiquer, de danser, de donner les cours en ressentant mon corps porteur de vie.
Bien qu’ils aient été désirés ardemment, je n’avais pas vécu ça pour mes deux premiers enfants.
Pourtant,  après une naissance à domicile choisie, un « bel accouchement » comme a dit l’une des sages-femmes, la sensation de ne pas se relever, d’être en dessous de tout, la peur d’être dépassée, de mal faire, de faire du mal au bébé, la peur du bébé… même la peur qu’il arrive quelque chose à mon mari, aux enfants.
Et ne pas le laisser trop paraître (parce que c’est mal venu, c’est pas le moment, ça se fait pas, c’est pas « normal », personne comprend …).
C’est fou comme on s’oblige, on se force à donner le change.
Et puis c’est vrai que ça suit son cours, le bébé est magnifique, l’allaitement se déroule plutôt bien malgré les crevasses du début (inévitables ?); on me dit qu’il faut que le bébé ouvre bien la bouche, prenne toute l’aréole, « tu dois attendre et lui faire ouvrir la bouche… « ; facile à dire, moins facile à réaliser dans l’urgence des tétées, dans le demi sommeil des tétées nocturnes.
Bref on a des crevasses et le bout des seins douloureux pendant quinze jours à peu près…
J’ai pratiqué dès le début de « l’après » des expirations profondes qui démarrent du périnée pour aller chercher le transverse de l’abdomen, retrouver un tonus abdominal et presser l’utérus qui redescend, qui rapetisse. Il faut faire ça même si on a peu de sensations au début au niveau du périnée, il faut se concentrer sur cette zone et expirer en « remontant », il faut chercher à refermer ce passage. C’est difficile au début mais c’est primordial surtout pour aller aux toilettes, commencer à évacuer.
A ma demande, nous avons « refermé » le bassin, un après-midi avec C. ma fille aînée et H. la sage-femme. Mon bassin enveloppé dans l’écharpe de portage, bien serrée, elle ont tiré de chaque côté et nous sommes restées comme ça quelques instants, j’étais allongée bien-sûr. J’ai senti mon utérus pressé comme une éponge se vider. 
Un mois après environ j’ai vu mon ostéopathe pour replacer éventuellement le bassin.  J’ai ressenti une énergie renouvelée à la suite de la séance et plus d’envie d’aller marcher, de sortir. 
Le fait d’expirer doit s’accompagner du replacement du bassin en « neutre », reverticaliser le coccyx, atténuer la lordose (cambrure lombaire); ça doit faire du bien au dos, on s’allonge, on se déplie. On peut faire ça très régulièrement dans la journée, le soir ou le matin aussi devant la glace pour observer l’autograndissement et comment le ventre « disparaît ». C’est comme si on remontait une culotte de muscles jusqu’aux basses côtes.
Très vite on peut y associer des mouvements de colonne, des inclinaisons latérales et surtout des rotations. 
Au début, éviter de porter, s’allonger avec bébé le plus possible, respirer puis marcher un peu, progressivement aller marcher plus pour s’oxygéner, changer d’air, ré apprivoiser le dehors, la vie de l’extérieur, sentir son corps bouger.

Une de mes postures préférée en post natal : inversion, fermeture bassin et torsions (tourner le bassin sur les expirations à partir du périnée).

La posture du « chien tête en bas » que j’ai pratiquée jusqu’à l’accouchement était un peu douloureuse au début en post natal, je pense par rapport au poids perdu et aux tissus qui tiraient. Mais très vite elle apporte du confort et revivifie, c’est une posture nécessaire pour favoriser la mobilité des organes, leur retour dans l’espace du ventre, éviter les pressions sur le périnée.

Il a été pour moi fondamental de pratiquer corporellement ne serait-ce que 10 mn par jour, idéalement le matin et le soir, de trouver des oreilles attentives à ce désarroi improbable (toutes ne le sont pas) et de laisser faire …

Lectures:

  • « Le guide de la naissance naturelle » Ina May Gaskin
  • « Le 4ème trimestre de la grossesse »; Ingrid Bayot
  • « Bébé est là, vive maman, les suites de couches; Dr Bernadette de Gasquet, Pr Xavier Codaccioni, Danielle Roux-Sitruk …

Pratiques autres:

  • Ostéopathie, environ 1 mois après
  • « Refermer le bassin » voir les soins rebozo.
  • Pour soutenir les sages-femmes et l’accouchement à domicile : https://adadtoulouse.wordpress.com

Prochaine formation Pilates

Le prochain module de formation Pilates « intermédiaires » aura lieu les 28/02 et 1er /03 prochains à L’Atelier Pilates.

Contenus: exercices Pilates de niveau intermédiaire (shoulder bridge, swimming, crab, double leg stretch…), mobilisations articulaires douces à inclure dans le cours, techniques de toucher, anatomie bas du dos, hanches, membre inférieur.

Pré requis: formation débutant à L’Atelier ou autre (demander un entretien). Coût: 480€

Bonne année 2019 !

« Ahimsa-pratishthayam tat-samnidhan vaïra-tyagah. » Yoga Sutra II-35 Patanjali
Quelle manière énigmatique de souhaiter la bonne année ! 😉
J’ai toujours envie (besoin) d’être inspirée pour aller de l’avant ! Les yogas sutras de Patanjali, texte fondateur du yoga sont une belle source de renouveau malgré leur ancienneté.
Mais que signifie cet aphorisme ? je me réfère ici au texte traduit par Françoise Mazet:
yoga-sutras
« Si quelqu’un est installé dans la non-violence, autour de lui l’hostilité disparaît », « influencer » son entourage par sa propre attitude… et oui nous savons combien sont contagieux les états de corps et d’esprit, combien nous sommes interdépendants … 
S’occuper de soi pour mieux s’occuper des autres, soigner sa vie intérieure, sa manière d’aller vers l’autre, d’entrer en relation tout cela est intimement lié et peut nous libérer peu à peu des engrenages de violence.
C’est ce que je nous souhaite pour cette année qui démarre car les débuts sont propices aux souhaits, aux intentions et il faut y croire !
Croire en soi c’est le premier travail ! et ça peut se vivre sur le tapis, dans la salle de cours, en Pilates, en Yoga en Danse et  dans toutes les pratiques où l’être est est mis en jeu dans son entièreté responsable, alors en 2019 continuons à pratiquer ensemble assidûment, avec enthousiasme et lâcher-prise (si, c’est possible 🙂
  • Reprise des cours réguliers le 7/01
  • Formation Pilates fondamentaux 18/19 février
  • Formation Pilates débutants 20/21 février
  • Formation Pilates intermédiaires 28 février et 1er mars
  • Formation Pilates avancés 25/26/27 février
  • Formation Pilates Cadillac jeudi 10h-12h du 7/02 au 18/04

 

Qu’est-ce que le multifide ?

Multifidus ou multifide.

Ce muscle appartient au Centre d’énergie, ce fameux « core » que nous cherchons à solliciter avant tout mouvement dans la pratique du Pilates. 

1. Le multifide comme « muscle » des gouttières spino-transversaires

Les muscles du centre travaillent en synergie pour stabiliser le bassin et la colonne lombaire en neutre ou dans certains exercices Pilates avec un légère bascule arrière du bassin (« stomach massage » sur Reformer, Rolling like a ball sur le tapis …).

Ce sont les muscles profonds du plancher pelvien, les abdominaux (transverse inférieur, transverse profond, obliques et grands droits), le diaphragme et le multifide.

Mais qu’est-ce exactement que le « multifide » ?

Après quelques recherches, il s’avère que ces muscles sont décrits différemment suivant les auteurs et les conceptions des anatomistes (Trolard, Winckler…). Il est donc assez compliqué d’aller « démêler » tout ça !

Tantôt « multifide » est le synonyme ou la nouvelle appellation du « transversaire épineux »: ensemble de petits muscles nombreux et profonds situés le long de la colonne vertébrale, dans l’espace formé entre les processus épineux de la colonne (épine dorsale) et les processus transverses. Cet ensemble court du sacrum jusqu’à axis de chaque côté de la colonne comme un sapin: d’un processus transverse partent quatre faisceaux qui s’insèrent sur les vertèbres supérieures (de 1 à 4 vertèbres au-dessus).

Tantôt « le multifide » constitue l’un de ces faisceaux, celui montant jusqu’à la 3ème vertèbre au-dessus (anciennement appelé court-épineux).

2. Le multifide comme l’un des faisceaux …

Finalement est-il souhaitable de démêler cette histoire ?

 

 

En ce qui nous concerne en tant qu’enseignant ou pratiquant peut-être pas !

En effet comment isoler la contraction, l’engagement de l’une de ces lamelles, à un endroit précis (colonne lombaire )?

Nous chercherons plutôt à solliciter cet ensemble dense fait de faisceaux nombreux, solidaires et bien arrimés à la colonne pour en garantir la stabilité.

Ce qui nous intéresse : la mobilité fine « d’étage à étage » pour nous grandir et rester « jeune » (« you’re as young as your spine » J.Pilates) ou la stabilité de la colonne, le gainage en profondeur qui permet de soulager le poids sur les disques intervertébraux.

Cette notion de stabilisation est particulièrement intéressante dans la région lombaire et ce muscle peut-être recruté en synergie avec le transverse de l’abdomen, donc sur une expiration profonde.

« Le concept des exercices spécifiques provient de la cocontraction du transverse et du multifidus. L’interrelation de ces deux muscles donne l’effet d’un corset abdominal profond soutenant la colonne vertébrale et la région lombo-pelvienne pendant l’accomplissement des tâches fonctionnelles dynamiques et statiques » in Le Médecin du Québec, volume 39, numéro 4, avril 2004

Sur toute la longueur de la colonne ce muscle (ou ces muscles) participent à l’auto-grandissement, à « l’érection » du rachis, comme la femme africaine qui porte son plateau sur la tête. Nous l’activons en « allant vers » (le ciel, le plafond …), en « cherchant à » (atteindre, toucher …), toujours « à partir de » (l’ancrage du bassin, l’appui des pieds, l’expiration remontante depuis le périnée …)

Les études montrent que la stimulation insuffisante de ce muscle (ces muscles !) a un lien direct avec la douleur lombaire (lombalgie):

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20193941

Bel exemple d’auto-grandissement … et d’activation du multifide !(entre autres)

Cet ensemble de muscles participe à la mobilisation fonctionnelle de la colonne, c’est-à dire, bouger sans « écraser » les disques intervertébraux. Il est toujours fondamental de donner des directions au mouvement quelqu’il soit, une intention à partir de points précis. En effet nous ne sommes pas en apesanteur, en train de flotter indépendamment mais bien incarnés avec des points de contact, d’appui, un regard vers l’extérieur (et vers l’intérieur), des sensations tactiles … qui nous mettent constamment en lien avec notre environnement.

Notre corps, notre colonne vertébrale, notre être s’inscrit dans cet espace et c’est dans le cours(entre autres !), dans la pratique que nous pouvons retrouver, réactiver tout cela !

 

 

 

 

 

 

Les pieds dans le cours (2)

Flexion plantaire.

La flexion plantaire c’est le « pied pointé », lorsque le pied est libre ou le fait de « monter » sur les orteils, lorsque le pied est en appui.

Dans les deux cas nous activons des muscles situés face plantaire, le dessous du pied (la plante des pieds) et d’autres situés un peu plus haut sur l’arrière de la jambe.

 

Cette action est plus ou moins prolongée par la flexion des orteils (plier les orteils vers la plante du pied) pour affiner la ligne de la jambe dans un souci esthétique et « alléger » la jambe en la tonifiant sur toute sa longueur.

Ce n’est pas une action ordinaire sauf dans certaines pratiques comme la danse ou la gymnastique par exemple. Mais même si nous n’avons pas l’habitude de pointer le pied ou de monter sur 1/2 pointe, la face plantaire est pour tout le monde plus ou moins activée lors de la marche / de la course dans son rôle propulseur. 

Dans le Pilates, nous fléchissons la plante de pied lors d’un travail « pied pointé » sans exagérer la flexion des orteils. Il n’est pas nécessaire de crisper l’extrémité, c’est même déconseillé car nous favorisons l’engagement du centre vers la périphérie. Nous éviterons de « forcer » la flexion plantaire en la poursuivant par la flexion des orteils. Nous laissons la jambe s’allonger et l’énergie circuler au-delà. 

 

Muscles face plantaire intrinsèques : (sources anat.jg.com)

  • court fléchisseur de l’hallux (gros orteil)
  • abducteur de l’hallux
  • adducteur de l’hallux
  • court fléchisseur du 5ème orteil
  • abducteur du 5ème orteil
  • opposant (adducteur) du 5ème
  • carré plantaire
  • court fléchisseur des orteils (2 à 5)
  • interosseux dorsaux (flexion 1ère phalange et abduction des orteils 2, 3, 4)
  • interosseux plantaires (flexion 1ère phalange, adduction des orteils 3, 4 et 5)
  • lombricaux (flexion P1 et extension P2 et P3)

Ces actions musculaires sollicitent les muscles intrinsèques au pied mais également des muscles plus haut situés sur la jambe et dont seulement les tendons arrivent sur le pied.

On les appelle les muscles extrinsèques :

  • gastrocnémiens 
  • soléaire
  • tibial postérieur
  • long fléchisseur des orteils
  • long fléchisseur de l’hallux
  • long et court fibulaires »

 

Le triceps sural (gastrocnémiens + soléaire), le « mollet », est un groupe musculaire puissant pour se propulser vers l’avant ou vers le haut. C’est le plus actif pour soulever le corps sur les orteils en position debout.

Les muscles intrinsèques au pied et les muscles extrinsèques plus profonds comme le long fléchisseur de l’hallux, le long fléchisseur des orteils et le tibial postérieur sont moins utilisés de manière fine et différenciée et doivent être « éveillés » dans le cours. 

Crampes.

De nombreux élèves se plaignent de « crampes » lors des exercices Pilates sur le ventre ou lorsque nous demandons de « pointer les pieds ». Cela peut être dû à la faible utilisation du long fléchisseur de l’hallux notamment qui part de la fibula (péroné) jusqu’à la deuxième phalange du premier orteil. Ce muscle sert à ramener l’alignement du pied lors d’un équilibre sur 1/2 pointe.

Nous réveillons ce muscle pour réaligner la cheville lorsqu’elle part vers l’extérieur par l’indication de « garder un appui ferme sous le gros orteil » (tête du 1er métatarsien), à partir de l’indication « repoussez-vous du sol à partir des orteils qui s’étalent »  nous réactivons le centrage et l’autograndissement dans un but d’équilibration; tout le corps est concerné. 

La flexion plantaire sans appui, « pied pointé » ou avec appui, travail d’équilibre sur les orteils doit être travaillée dans le cours pour renforcer les muscles sous le pied et gagner en fonctionnalité dans la marche ou la course. Nous portons notre attention sur l’alignement et l’équilibre de l’engagement musculaire en observant les crispations éventuelles. 

Orteils en griffes (il ne s’agit pas là de la déformation permanente du même nom qui peut être due à certaines formes de pied ou au port répété de chaussures à talons ou de chaussures à l’avant trop étroit).

Lors d’un équilibre sur les orteils nous pouvons observer chez certains élèves les orteils qui se recourbent comme pour s’agripper au sol (je plante mes griffes pour éviter de tomber). Il s’agit d’un déséquilibre antérieur ( le long extenseur commun des orteils est sursollicité et fait plier la première phalange). Nous pouvons dans ce cas demander « d’ouvrir le dos », de ressentir  « l’arrière du corps »,  donner davantage d’indications de centrage, d’autograndissement.

Le travail d’équilibre sur les orteils gagnera à être préparé par une conscientisation / mobilisation des orteils et des différentes possibilités de mouvement à cet endroit. Nous veillerons à « déplier les phalanges » de façon à pouvoir profiter plus efficacement des appuis comme les racines d’un arbre qui courent au ras du sol tout en puisant leur force dans celui-ci. 

Cette préparation pourra se faire, même dans le cours de Pilates, par des auto massages guidés, par des mobilisations guidées (par exemple flexion/détente des orteils ou flexion/détente extension des orteils …) qui isolent le travail des orteils de celui de la cheville. 

Le travail d’équilibre sur les orteils en dynamique (monter et descendre avec ou sans mouvement des bras / torse)  fait pour moi partie intégrante de la pratique en Pilates. En effet cela met en évidence l’activation correcte du centre et de la respiration, la précision des appuis dans l’action de se « repousser du sol », la fluidité d’un mouvement sans crispation, la concentration (impossible de ne pas centrer  le mental sur les sensations multiples à coordonner), en somme le contrôle d’un mouvement avec le moins d’effort possible, soit l’engagement musculaire approprié si cher à J. Pilates.

« Ainsi, lorsque tous vos muscles seront correctement développés, il vous deviendra évident d’effectuer votre travail avec un minimum d’efforts et un maximum de plaisir »